Après seize jours de guerre au Moyen-Orient, l'Iran s'est dit prêt dimanche à se défendre aussi longtemps que nécessaire face à Israël et aux Etats-Unis, dont le président Donald Trump a menacé de frapper à nouveau l'île iranienne de Kharg "pour le plaisir".
Son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, interrogé par la chaîne américaine CBS, a démenti chercher à négocier un cessez-le-feu contrairement à ce que laissaient supposer des propos de Donald Trump.
"Nous n'avons jamais demandé un cessez-le-feu et nous n'avons même jamais demandé de négociations", a-t-il dit dans l'émission "Face the Nation". "Nous sommes prêts à nous défendre aussi longtemps qu'il le faudra."
"Ce n'est pas une guerre de survie. Nous sommes suffisamment stables et forts", a encore affirmé Abbas Araqchi.
Avec un baril à plus de 100 dollars, plusieurs responsables de l'administration de Donald Trump ont assuré que le conflit prendrait fin dans les semaines à venir, "peut-être plus tôt" selon le secrétaire à l'Energie Chris Wright à l'antenne d'ABC.
Samedi, Donald Trump a demandé aux pays qui importent du pétrole par le détroit d'Ormuz de sécuriser ce passage, en promettant l'aide de Washington. Il a dit espérer que plusieurs pays dont la France enverraient des navires de guerre pour sécuriser le détroit, par où transite en temps normal 20% du pétrole mondial.
Selon le Wall Street Journal, l'administration américaine prévoit d'annoncer dans les prochains jours la constitution d'une coalition pour escorter les navires dans le passage mais des discussions sont encore en cours pour savoir si ces opérations de sécurisation débuteraient avant ou après un arrêt des hostilités.
Le conflit ne montre toujours aucun signe d'apaisement.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont dit dimanche avoir tiré des missiles et des drones contre des cibles en Israël et des bases militaires américaines dans la région.
L'Arabie saoudite a dit avoir intercepté et détruit 10 drones à Ryad et dans l'est de son territoire.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a démenti une information de presse selon laquelle Israël commencerait à manquer de missiles intercepteurs.
L'armée israélienne a annoncé de son côté frapper de nombreuses cibles en Iran, notamment dans l'ouest du pays.
LES DERNIERS DÉVELOPPEMENTS (heure de Paris)
23h29 - Emmanuel Macron confirme s'être entretenu avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian, qu'il a appelé à "mettre fin immédiatement aux attaques inacceptables que l'Iran mène contre les pays de la région, qu'elles soient directes ou via des proxies, comme au Liban et en Irak".
"L'escalade incontrôlée à laquelle nous assistons plonge toute la région dans un chaos aux conséquences majeures aujourd'hui et pour les années à venir", écrit le chef de l'Etat dans un message sur X.
"Seul un nouveau cadre politique et sécuritaire permettra d'assurer la paix et la sécurité pour tous", ajoute-t-il. "Un tel cadre doit garantir que l'Iran ne se dote jamais de l'arme atomique tout en traitant les menaces posées par son programme balistique ainsi que par ses activités de déstabilisation régionales et internationales."
Emmanuel Macron a également demandé que la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz soit rétablie au plus vite et exhorté le président iranien à permettre au plus vite aux Français Cécile Kohler et Jacques Paris de rentrer en France.
22h02 - Le centre des médias iraniens alerte les habitants de certains quartiers spécifiques de Dubaï et Doha de possibles attaques dans les heures à venir, rapporte la chaîne Press TV.
Il déclare que des militaires américains pourraient se trouver dans ces zones qu'il invite les habitants à évacuer immédiatement.
21h48 - Trois drones chargés d'explosifs ont frappé un camp de l'opposition iranienne au Kurdistan irakien, près de Souleimaniye, et coûté la vie à un combattant, rapportent des sources sécuritaires.
20h24 - L'Iran a arrêté 500 personnes soupçonnées de partager des informations avec les ennemis de la République islamique, déclare le chef de la police iranienne, Ahmadreza Radan.
La moitié des cas concernaient de "graves incidents impliquant des personnes fournissant des informations de localisation de cibles et d'individus ayant filmé et envoyé des lieux de frappes", dit-il.
Les médias iraniens ont fait état dimanche d'arrestations dans plusieurs régions du pays.
20h15 - Un fragment de missile iranien intercepté a touché et endommagé un bâtiment résidentiel utilisé par le consul américain à Jérusalem, rapportent les médias israéliens. Le département d'Etat a déclaré qu'aucun ressortissant américain n'avait été blessé.
19h58 - Des pourparlers entre Israël et le Liban visant à un cessez-le-feu durable et au désarmement du Hezbollah devraient avoir lieu dans les prochains jours, déclarent deux sources israéliennes.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, avait démenti dans la journée la perspective de discussions directes avec le Liban.
19h26 - Le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, dit avoir engagé un dialogue avec l'Iran "qui a produit des résultats", dans une interview publiée par le Financial Times.
L'Inde cherche à obtenir des garanties de sécurité pour le passage du détroit d'Ormuz par 22 de ses navires bloqués à l'ouest de la passe, a déclaré samedi à New Delhi un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, après que l'Iran a autorisé quelques navires indiens à passer, rare exception au blocus du détroit par la République islamique.
Selon le ministère indien des Transports maritimes, deux navires pétroliers indiens, le Shivalik et le Nanda Devi, affrétés par Indian Oil Corp, ont traversé le détroit en toute sécurité et atteindront les ports indiens de Mundra et Kandla en début de semaine.
19h23 - L'agence de presse iranienne Tasnim rapporte que le président Massoud Pezeshkian s'est entretenu par téléphone de la situation au Moyen-Orient avec son homologue français Emmanuel Macron.
19h13 - Le point de passage de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, fermé depuis le début de la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran le 28 février, rouvrira mercredi pour un "mouvement limité de personnes", annonce le Cogat, agence militaire israélienne chargée de la coordination humanitaire.
Le poste-frontière avec l'Egypte avait rouvert au début du mois de février après avoir été fermé quasiment en permanence depuis mai 2024.
18h27 - Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul, interrogé par l'ARD, se dit "très sceptique" sur un potentiel élargissement au détroit d'Ormuz de la mission navale Aspides de l'Union européenne.
Cette mission, lancée en 2024 pour protéger les navires des attaques des Houthis en mer Rouge n'est "pas efficace", a-t-il jugé. "C'est pourquoi je suis très sceptique quant au fait qu'élargir Aspides au détroit d'Ormuz permettrait d'améliorer la sécurité."
18h25 - Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a diffusé une vidéo le montrant en train de boire un café à Jérusalem et bavarder avec un conseiller dimanche, pour couper court aux rumeurs relayées par les médias iraniens le donnant pour mort ou blessé.
18h24 - L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, estime que les relations entre Téhéran et les pays du Golfe nécessitent un "examen approfondi" à la lumière du conflit en cours, afin de limiter l'influence des puissances extérieures sur la région.
"Ce dont la région a été témoin au cours des cinq dernières décennies est le résultat d'une approche d'exclusion et d'une dépendance excessive à l'égard des puissances extérieures", a-t-il dit. "Nous sommes voisins et nous ne pouvons pas nous passer l'un de l'autre. Un examen approfondi s'impose", a-t-il ajouté.
Depuis le début de la guerre le 28 février, les États arabes du Golfe ont subi plus de 2.000 attaques de missiles et de drones, visant notamment des missions diplomatiques et des bases militaires américaines, mais aussi des infrastructures pétrolières essentielles du Golfe, des ports, des aéroports, des hôtels et des immeubles résidentiels et de bureaux.
Les Émirats arabes unis, qui ont normalisé leurs relations avec Israël en 2020, ont été les plus durement touchés par les attaques. Mais tous les États arabes du Golfe ont été affectés et ont condamné l'Iran.
En coulisses, des analystes et des sources régionales affirment cependant qu'il existe également une frustration croissante à l'égard des États-Unis, longtemps leur garant de sécurité, qui les entraînent dans une guerre qu'ils n'ont pas approuvée mais pour laquelle ils paient un prix exorbitant.
18h12 - L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonce avoir débloqué 2 millions de dollars de son Fonds de réserve pour les situations d'urgence (FRSU) pour subvenir aux besoins sanitaires au Liban, en Irak et en Syrie.
Un million de dollars ont été alloués au Liban, et 500.000 dollars respectivement à l'Irak et la Syrie.
"A l'heure où les services de santé sont déjà confrontés à des défis considérables, un soutien est essentiel pour maintenir en poste les personnels de santé en première ligne et assurer la continuité des services de soins critiques", a déclaré Hanan Balkhy, directrice régionale de l'OMS pour la Méditerranée orientale.
17h49 - Sous une pluie battante, des milliers de Libanais fuyant les bombardements se réfugient sous des abris de fortune.
Hussain Mourtada et sa famille campent à l'arrière d'un petit camion, une mince bâche en plastique les protégeant d'une tempête dimanche, faute de place dans les abris pour personnes déplacées à Saïda, dans le sud du Liban.
"J'ai demandé ici dans les écoles et elles sont pleines, elles sont toutes pleines", explique le père de famille, qui a fui la ville de Hannaouiyah, à une douzaine de kilomètres de la frontière avec Israël, avec sa famille de sept personnes.
Plus de 800.000 personnes, soit environ 15% de la population libanaise, ont fui leur domicile depuis le début de l'offensive déclenchée par Israël en représailles à des tirs du Hezbollah libanais sur le nord de l'Etat hébreu en soutien à son allié iranien le 2 mars.
Seule une petite partie de ces déplacés — environ 132.000 selon les autorités libanaises — ont trouvé refuge dans des abris collectifs. Des milliers d'autres se sont dispersés chez des proches, dans des bâtiments en construction ou au sein de communautés d'accueil, beaucoup échouant dans les rues.
17h10 - Des roquettes visent une emprise diplomatique américaine près de l'aéroport international de Bagdad, selon des sources policières.
15h50 - L'Agence internationale de l'énergie (AIE) fait savoir dimanche dans un communiqué que les 400 millions de barils de pétrole que ses pays membres ont promis de débloquer de leurs réserves stratégiques seront prochainement mis sur les marchés, immédiatement par les pays membres d'Asie-Océanie, à la fin du mois pour les Amériques et l'Europe, qui contribuera pour sa part à hauteur de 107,5 millions de barils, dont 32,7 millions issus des stocks des Etats.
15h09 - Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et l'émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, ont discuté de la désescalade régionale et de la fin du conflit israélo-américain et iranien lors de la visite du chef de la diplomatie égyptienne à Doha, dans le cadre d'une tournée dans le Golfe, déclare le ministère égyptien des Affaires étrangères.
14h52 - Le bilan des attaques israéliennes au Liban depuis le 2 mars atteint 850 morts, annonce le ministère libanais de la Santé.
14h02 - Les pays de l'Union européenne vont discuter au niveau de leurs ministres des Affaires étrangères d'une extension au détroit d'Ormuz de l'opération Aspides, destinée à la protection du trafic maritime en mer Rouge, rapporte le Financial Times citant une personne au fait des discussions en cours.
13h10 - Le pape Léon XIV dénonce les "violences atroces de la guerre". "Au nom des chrétiens du Moyen-Orient et de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté, je m'adresse aux responsables de ce conflit: cessez le feu!", lance le souverain pontife de la fenêtre de ses appartements au Vatican à l'issue de l'Angelus. "Que les voies du dialogue s'ouvrent à nouveau! La violence ne pourra jamais mener à la justice, à la stabilité et à la paix que les peuples attendent."
11h06 - Israël n'envisage pas de discussions directes avec le gouvernement libanais dans les jours à venir et n'a pas informé les Etats-Unis d'un éventuel risque de pénurie d'intercepteurs de missiles, dit le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, démentant ainsi des affirmations de médias.
10h38 - Abbas Araqchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a rapporté dimanche sur son compte Telegram avoir déclaré à son homologue français Jean-Noël Barrot que chaque pays devait s'abstenir de toute action susceptible d'aggraver le conflit au Moyen-Orient.
Cette déclaration fait suite à l'appel de Donald Trump à plusieurs pays, dont la France, pour l'envoi de navires de guerre afin de garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz.
09h13 - L'Iran est en contact avec plusieurs pays du Golfe et saluerait toute initiative permettant de garantir un arrêt complet des hostilités avec les Etats-Unis et Israël, dit le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, cité sur son compte Telegram reprenant une interview au site Al-Araby al-Jadeed.
Abbas Araqchi dément que l'Iran ait pris pour cible des zones civiles ou résidentielles au Moyen-Orient dans le cadre de ses représailles aux frappes israélo-américaines. Téhéran est favorable à la création d'une commission d'enquête avec les pays voisins pour établir la responsabilité de ces bombardements.
07h30 - Les opérations de chargement de pétrole ont repris dans le port de Fujaïrah, aux Emirats arabes unis, au lendemain d'un incendie provoqué par une attaque de drone, dit à Reuters une source du secteur pétrolier sur place.
06h43 - Vingt personnes sont arrêtées dans le nord-ouest de l'Iran pour avoir tenté de coopérer avec Israël, rapporte l'agence de presse iranienne Tasnim, citant un communiqué du procureur de la province d'Azerbaïdjan occidental.
Ces personnes sont accusées d'avoir transmis à Israël des informations sur l'emplacement des installations militaires et de sécurité iraniennes.
02h24 - Le département d'Etat annonce avoir ordonné à son personnel non essentiel et aux familles du personnel gouvernemental des Etats-Unis de quitter Oman, citant des risques de sécurité en raison de la guerre avec l'Iran.
02h07 - Le département américain de la Défense identifie six aviateurs américains tués lors d'une opération de ravitaillement en carburant au-dessus de l'Irak.
00h24 - Les Etats-Unis pourraient mener de nouvelles frappes contre l'île iranienne de Kharg, dit Donald Trump, ajoutant que, même si Téhéran semble prêt à conclure un accord pour mettre fin à la guerre, "les termes ne sont pas encore assez bons".
Le président américain affirme que les frappes américaines ont "entièrement démoli" la plus grande partie de l'île et déclare à NBC News que "nous pourrions la frapper encore quelques fois juste pour le plaisir".
00h23 - Le Premier ministre britannique Keir Starmer pourrait envoyer des milliers d'intercepteurs de drones au Moyen-Orient, rapporte The Telegraph.
VOIR AUSSI
LE POINT sur le conflit au Moyen-Orient
Retrouvez le DIRECT de la journée de samedi
(Reportage de Reuters, rédigé par le bureau de Paris)

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